Le dimanche 10 mai, on l’a cherchée pendant près d’une heure.
Une paruline à capuchon, signalée au cimetière Mont-Royal, avec des coordonnées précises.
Tout était aligné. Plusieurs observateurs, le bon secteur, les bonnes conditions.Sauf elle.
On était une dizaine à scruter le sol et les arbres, à attendre un mouvement, un son.
Mais rien.Mon épouse et moi sommes repartis sans l’avoir vue.
Pas vraiment surpris, mais quand même un peu accrochés à l’idée qu’on était passés à côté.
Les jours suivants, les mentions ont continué.
Encore là.
Puis encore.
Et encore.

16 mai – enfin visible
Chaque jour, quelqu’un la voyait.
Sauf moi.
J’aurais pu y retourner plus tôt.
Mais les journées passent vite et surtout, je ne suis pas encore à la retraite.
Et il y a toujours une bonne raison de remettre à plus tard.Jusqu’à ce matin.
À 6h14, j’étais sur place avec mon épouse.
Et nous n’étions pas les premiers.
Quelques silhouettes déjà installées, les regards tournés vers les arbres.
Des trépieds en place. Le calme du matin, mais une attention bien présente.Comme si tout le monde savait exactement pourquoi il était là.
Cette fois, il n’a pas fallu attendre longtemps.
Un mouvement.
Un signal discret d’une dame.Et puis elle est apparue.
La paruline à capuchon.

Quelques secondes seulement
Rien de spectaculaire.
Elle se déplaçait au sol, jamais très longtemps au même endroit.
Juste assez pour la suivre du regard.
Juste assez pour quelques photos.Puis plus rien.
Autour de moi, les gens continuaient à observer.
Certains venaient d’arriver. D’autres attendaient encore leur moment.La scène se répétait, jour après jour, avec des visages différents.
Je me suis demandé pourquoi ça avait pris autant de temps.
Elle était là toute la semaine.
Visible. Accessible. Presque “facile”.Et pourtant, il a fallu revenir. Attendre. Choisir le bon moment.
Ou peut-être simplement être là… au bon moment.
Ce n’était pas une question de distance.
Ni d’effort.Juste de timing.
Et peut-être que c’est ça, au fond.
On peut savoir exactement où regarder,
avoir toutes les informations,et quand même passer à côté.




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